Marche des Avocats : « On refuse la justice du téléphone »

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Alger. Hirak. Jeudi 24 octobre. Dénonçant l’injustice et la pression de manière directe ou indirecte des magistrats qui obéissent à la loi du plus fort au dépend de la justice sociale et valeurs démocratiques, plus de 1000 avocats qui ont marchés ce jeudi 24 octobre 2019 à Alger, afin de revendiquer l’indépendance de la justice et la libération des détenus d’opinions. « Libérez Lakhdar Bouragaa et tous les détenus d’opinions », « Mes frères, n’oubliez pas les sacrifices et le serrement des martyrs de l’indépendance nationale », « Oui à l’Etat civil non à l’Etat militaire », « Hier, ils étaient des amis de Saïd Bouteflika, aujourd’hui, ils changent de discours », ont-ils scandés tout au long de la marche. Partant du Palais de la Justice Abane ramadhan à partir de 10h30 environ, en passant par le Boulevard Zighoud Youcef, avant de s’arrêter au siège de l’APN pour scander des slogans anti députés qui ont trahit leurs mandats, pendant un bon moment. Faisant le raccourci pour passer par la rue Asselah Hocine jusqu’au palais de la justice Abane Ramadhan, où ils ont commencé la marche, les avocats qui sont venus de plusieurs wilayas du pays, n’ont pas manqué d’exprimer leurs attachement et soutien à la cause du peuple qui sort dans la rue depuis huit mois déjà. « La défense de la justice et de la construction de l’Etat de droits, sont plus importants que tous les privilèges et l’argent du monde », a tonné Maître Saheb du bâtonnat de Tizi Ouzou. Le changement viendra tôt ou tard. Déterminé de continuer la lutte et le combat pacifique et loyale jusqu’à l’Etablissement des bases d’un Etat de droit, à commencer par la libération des détenus politiques, les avocats convaincue de la justesse de la cause du peuple, dénoncent de manière solennelle la répression et la pression exercés contre eux, dans l’exercice de leurs profession pour défendre la cause noble du peuple. « Il est regrettable et inadmissible de voire plus de 85 prisonniers d’opinion, et en parallèle, il y des trafiquant de la drogues et des corrompus du même système qui continuent de circuler librement, comme si rien n’est fait depuis le 22 février », ont souligné plusieurs avocats en robes noire.

A.C  

Paroles aux Avocats

Maitre Ahmed Boutadara, Avocat à la Cour Suprême et Conseil d’Etat Alger : « On auraient aimés voir et entendre tout ce courage et engagement devant la barre »

Répondant à la question des slogans qui sont repris ou qui ressemblent souvent aux slogans des marches du mouvement Hirak brandit chaque vendredi, Maitre Boutadara, qui a fait ses preuves en matière de défense des droits des citoyens depuis et loin de toutes médiatisation, souligne modestement « En tant qu’élite du pays, on aurait aimés voir et entendre tout ce courage et engagement devant la barre et non pas dans la rue. Ces revendications légitimes, auraient pu être exprimées dans le respect de la loi devant la barre », a-t-il regretté, avant de continuer son intervention « Mais, malheureusement, ce n’est pas le cas. C’est la raison pour laquelle, les avocats Algériens, sont sorti nombreux dans la rue pour exprimer leurs regrets et appeler à l’Edification d’un Etat de droit qui garantit la stabilité et le développement du pays », a-t-il souligné. Après tout ce qui s’est passé depuis la marche du peuple, « On aurait dû écouter et satisfaire les revendications légitimes du peuple ne serait-ce partiellement, mais, malheureusement et encore une fois, on est dans la répression et l’emprisonnement des citoyens qui expriment pacifiquement leurs droits légitimes. Nous sommes tous Algériens, et nous sommes aussi concernés par les appels et souffrances du peuple » a-t-il indiqué avec regret.   

A.C

Maitre Amel Si Ammour, Avocate agréée à la Cour Suprême  

« L’histoire finira par juger les hommes et femmes injustes »

« Si l’on est sorti nombreux dans la rue, ça veut dire qu’on ne peut pas avancer dans notre travail dans la Cour.  Si non, Lakhdar Bouragaa, Karim Tabou, Fodil Boumala et tous les autres ne seraient pas en prison. Mais, nous sommes convaincu, que tôt ou tard, nous aurons gain de cause, parceque notre lutte est légitime » a affirmée Maitre Si Ammour qui s’est exprimé avec un cœur damné.  Convaincue de la justesse de leurs cause, Me Si Ammour tire à boulet rouge contre tous ceux et celles qui ont trahit le pays. « L’histoire finira par rendre son jugement surtout dans le domaine de la justice. L’Etat de droit, commence par le respect des lois et l’indépendance de la justice.  Dans tous les domaines, il y a des traitres. Mais, les traitres tomberont tous.  Je reste optimiste quant à la solution pacifique qui s’inscrira dans le respect de la loi et de la dignité des Algériens », selon elle. Optimiste pour le changement politique, cette avocate engagée dans les causes justes, n’a pas manqué de revenir sur les tenants de l’argent sale qui sont derrière la dégradation de la situation du pays et continuent de résister contre le changement du régime politique pour sauvegarder leurs intérêt et privilèges mal acquis.

A.C      

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